Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol


Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol


Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol


Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol


Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie
à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol


Vues de l'exposition Peintures récentes à la Tôlerie à l'occasion des jours de pleine lune #19 ©Matthieu Dussol

Dans les derniers tableaux d'Hugo Schüwer Boss, la légèreté, la lumière, la perfection semblent faire leur retour. Ses nouvelles "arches" recréent de toute pièce un fantôme d'architecture romane dans l'espace d'exposition, quand leurs couleurs flamboyantes nous emmènent plutôt du coté de l'Orient. Pris individuellement, ces tableaux sont de pures abstractions, mais ils anticipent dans leur composition un accrochage en série qui les transforme en panneaux de trompe-l'œil. À un tel point qu'on ne peut plus décider de la nature ni du rôle du tableau : faut-il regarder le dégradé en tant que surface peinte, le voir comme on regarderait un soleil couchant à travers une ouverture, ou considérer l'espace d'exposition comme le négatif de la composition ? Historiquement, la peinture est ce qui s'est détaché du mur pour devenir un objet autonome : les arches d'HS-B nous déstabilisent parce qu'elles assument à la fois le statut de tableau et celui de panneau décoratif, et ne nous disent pas si on doit céder à l'illusion ou s'en tenir à "ce qu'on voit". Les autres peintures de la série nous portent encore plus loin dans la contemplation, et renouent avec les origines mystiques de l'abstraction. Elles figurent sans figurer des disques solaires, tels qu'auraient pu les styliser une civilisation disparue adorateurs des astres. Il s'agit de cercles jaunes ou orangés, parfaitement circonscrits dans des formats carrés dont les parties non-peintes (tout ce qui est en dehors de la forme, donc) sont laissées en réserve. La plus simple des abstractions possibles, mais là encore traitée de manière ambigüe : à travers la transparence des dégradés et la douceur du contraste entre toile brute et couleur, ses peintures nous emportent très loin et nous gardent tout près d'elles.
Hugo Pernet, janvier 2019